Lettre d'information n°1 PDF Imprimer Envoyer

 

Au hasard des conversations, aux travers de revues dont les articles sont, paraît-il, exclusivement réservés aux médecins, nous glanons différentes informations qui, parfois insignifiantes de prime-abord, offrent à l'occasion la réponse à une question qui trottait depuis trop longtemps dans la tête de l'un d'entre-nous. C'est pourquoi, dès que leur nombre est suffisant pour justifier un courrier, nous vous les faisons parvenir. Nous espérons que ces infos retiendront votre attention et que quelques-uns d'entre-vous y trouveront un indice intéressant. A bientôt, Nadine & Henri "

 

"RIBAVIRINE, une avancée, pas une panacée. "

 

Le premier article dont nous retenons quelques informations est extrait de " La Revue Prescrire ", nr 203, février 2000. La copie que nous avons reçue ne nous a malheureusement pas permis de vous transmettre le nom de son auteur. Le sujet traité est l'intérêt de la ribavirine dans le traitement des hépatites C chroniques. Ce qui a surtout retenu notre attention, puisque l'on sait maintenant avec certitude que la combinaison de la ribavirine avec l'IFN-alpha a permis de quasiment doubler le taux de réponses prolongées, ce sont les contre-indications de la ribavirine. Nous savons tous qu'un médicament qui soigne quelque chose est toxique pour un tas d'autres choses. Heureusement, ces effets sont évités par l'adaptation de la posologie ou la durée maximum de traitement, etc. Il en est de même, du moins nous l'espérons, pour la ribavirine, d'autant qu'elle devait normalement être disponible en pharmacie depuis le mois de janvier sous l'appellation commerciale " REBETOL® " des laboratoires Schering & Plough, selon cet article. En février 2000, nous rencontrions un Manager de Schering & Plough qui ne prévoyait pas la sortie du Rebetol® en pharmacie avant le mois d'octobre 2000. En avril 2001, c'est toujours le statut-quo. Bien qu'ils ne soient pas contestés par les fabricants du produit, nous voulons attirer votre attention sur deux effets secondaires non négligables. Tout d'abord, d'après le ou les auteurs de l'article, la ribavirine provoque une anémie hémolytique, c-à-d, une destruction des globules rouges. Dans une étude comparative, 74% des patients traités par IFN-alpha + ribavirine ont eu une diminution de leur taux d'hémoglobine supérieure à 2 g/dl contre 9% pour les patients traités en monothérapie IFN-alpha. Par ailleurs, l'hémolyse peut entraîner de l'uricémie. Le risque de goutte doit donc être pris en compte chez les patients prédisposés. D'autre part, la ribavirine est tératogène. Cela veut dire que même a faible dose, la ribavirine a modifié le sperme de la totalité des animaux mâles auxquels elle a été administrée en cours d'étude. Je ne vous ferai pas souffrir avec une demi-page de termes scientifiques mais la conclusion est claire : Des précautions strictes de contraception doivent être prises aussi bien chez les hommes que chez les femmes traités à la ribavirine durant le traitement et plusieurs mois après son arrêt. Officiellement 4 mois pour les femmes et 7 mois pour les hommes. (Note du GAIPH : mettons nous d'accord sur un an afin d'éviter le moindre risque de malformation fœtale puisque c'est cela le risque réel.) Contrairement à ce qu'on a pu croire un moment, on a, à ce jour, aucune preuve d'un quelconque ef fet préventif sur le risque cirrhogène. (développement d'une cirrhose) Si nous entendons parler d'autres effets pervers de certaine molécules utilisées dans le traitement de l'hépatite C chronique, nous ne manquerons pas de vous en aviser.

 

 

" Hépatites B et C, les traitements bougent. "

 

Tirées d'un récent article du " Washington Post " et complétées par les informations d'un laboratoire pharmaceutique qui le fabrique, nous vous livrons les dernières nouvelles de la dernière génération d'IFN, l'interféron pégylé.

 

Sur un plan technique, la " pegylation " de l'IFN consiste à entourer la molécule d'IFN de plusieurs branches de Polyéthylène Glycol (PEG). Ce procédé est utilisé dans bien d'autres domaines et est exempt de toute toxicité. L'avantage est que cette ceinture de PEG va protéger la molécule d'IFN des attaques de notre système immunitaire. De cette manière, l'IFN va rester actif pendant une semaine dans l'organisme. Par conséquent, une injection hebdomadaire est suffisante. De plus, selon les tous premiers résultats, l'interféron pégylé serait mieux toléré par l'organisme, avec comme conséquence une diminution des effets secondaires. Toujours selon les premiers résultats (il faudra attendre le résultat des différentes études cliniques), ce nouvel interféron serait aussi efficace à lui seul que l'association IFN-alpha + ribavirine. On attend donc avec impatience les résultats des études cliniques combinant le PEG-interféron avec la ribavirine. Un autre avantage serait de pouvoir alors diminuer la posologie de la ribavirine pour en diminuer les effets toxiques que nous avons évoqués dans le chapitre précédent, tout en augmentant le pouvoir anti-viral du traitement combiné. C'est évidemment de bon augure pour les patients qui supportent mal la bi-thérapie actuellement d'usage ou pour les patients qui rechutent.

 

En conclusion, le PEG-interféron est certainement une avancée dans le traitement des hépatites virales mais il faudra attendre les résultats officiels des différentes études cliniques pour avoir une idée exacte des progrès obtenus.

 

...

 

Dans un troisième et dernier chapitre, nous vous livrons le résumé d'un article rédigé en néérlandais et dont un de nos membres, très actif malgré son état de santé, nous a aimablement fait la traduction. Nous regrettons qu'il soit malheureusement décédé depuis, des suites de son hépatite. Nos pensées vont à sa famille.

 

Il s'agit des risques de cancers de la peau consécutifs aux transplantations d'organes. En effet, lorsqu'un patient, souffrant par exemple d'une cirrhose décompensée avec un risque d' insuffisance hépatique grave, a pu profiter d' une transplantation du foie, celui-ci est traité après l'intervention avec des médicaments qui diminuent fortement l'action du système immunitaire afin d'éviter le phénomène de rejet du greffon. Il est alors incapable de combattre certaines affections de lui-même. N'oublions pas que ce patient a quand même eu la vie sauve grâce à cette transplantation et que les banques d'organes manquent cruellement d'organes. Néanmoins, il faut rester prudent. On remarque ainsi qu'un grand nombre de patients transplantés se mettent à attrapper des verrues et d'autres affections dont la plus préoccupante est le cancer de la peau. (Après 5 ans, 90% des patients transplantés ont des verrues qui ne sont pas dangereuses mais rendent plus difficile la détection de cancers naissants de la peau.)

 

Le cancer de la peau le plus dangereux est le mélanome malin. Celui-ci nait des mélanocytes. Ces cellules produisent le pigment appelé mélanine, responsable du bronzage. Les cancers de la peau qui se forment à partir de l'épithélium (cellules formant la peau) se manifestent beaucoup plus souvent que le mélanome malin. C'est à ce groupe que l'article est consacré. Par facilité, nous ne parlerons donc plus que de " cancers de la peau ", sachant que l'on parle du cancer issu des cellules épithéliales. Pour les personnes en bonne santé avec un système immunitaire fonctionnant normalement, ces cancers de la peau ne sont pas un problème grave. Ils essaiment rarement et sont habituellement traités efficacement. La cause principale de ces cancers sont liés aux lésions chroniques causées par une trop longue exposition au rayons UVA et UVB. Par contre, les personnes, comme les transplantés, chez qui on a réprimé pendant longtemps le système immunitaire ont un réel problème avec ces cancers. Une étude réalisée aux Pays-Bas a démontré une augmentation significative des cancers de la peau chez les transplantés : 10 ans après la transplantation, 10% environ en sont atteints. Ils sont 40% après 20 ans ! Cette fréquence est 250 fois plus élevée que dans le reste de la population néérlandaise. Cela semble provenir donc de la déficience immunitaire des receveurs d'organes. Les personnes qui courent le plus de risque sont les mêmes que celles qui sont le plus sujettes aux brûlures du soleil ! I'article comprend un paragraphe consacré au phénomène du coup de soleil en relations avec les cancers de la peau mais cela n'est pas notre propos. Si toutefois vous étiez intéressé par ce paragraphe ou que vous ayez des questions relatives à ce courrier, n'hésitez pas à prendre contact avec nous !

 

En résumé, l'auteur nous donne sa vision des choses qui, à notre sens, sonne juste : " Transplantations d'organes vitaux comme cœur, foie, rein peuvent à court terme sauver la vie et prolonger celle-ci de plusieurs années. Au fur et à mesure de l'augmentation de la survie, les risques à longs termes deviennent lentement évidents. Provisoirement, les risques comme le développement de cancers de la peau ne pèsent pas contre les nombreuses années dont un receveur d'organe peut jouïr. Le risque de cancer est en effet plus grand pour les gens avec un organe transplanté que pour le reste de la population. Il est indiqué d'aborder ce sujet avec le médecin et d'établir avec lui les mesures qu'on peut prendre, mais rien ne sert de s'en inquiéter outre mesure.

 

Pour le cancer de la peau, il en va autrement. Car, contre ce type de cancers, on peut prendre bon nombre de mesures préventives. On peut très bien se protéger du soleil et ainsi limiter soi-même fortement ce risque. " En guise de conclusion, nous dirons que le risque existe et qu'il ne doit pas être pris à la légère. Ainsi, pour les personnes transplantées mais aussi pour les autres finalement, il faut conseiller une bonne protection contre les rayons nocifs du soleil et de ne plus pratiquer " la grillade " quand viennent les vacances. Autrement, les transplantations d'organes ont déjà sauvé des milliers de vies, ces gens vivent de mieux en mieux et de plus en plus longtemps. Nous ne pouvons que déplorer le manque de dons qui condamne à coup sûr et chaque année des " pages entières " des listes d'attente.

 

Notre membre a rajouté à son travail un extrait du " Gezondheidsbrief " n°102 où il est question d'un médicaments qui peut concerner des patients VHC en traitement : Il est question de l'hypericum perforatum (millepertuis) qui, employé comme anti-dépresseur, présente les risques suivants :

 

- Il empêche l'assimilation complète de certains médicaments HIV en diminuant leur action. (les médicaments employés pour le HIV sont en bon nombre des analogues des nucléosides comme la ribavirine. Cela concerne donc aussi, du moins nous le pensons, nos amis en période de bi-thérapie IFN-alpha + ribavirine.)

 

- Il y a de fortes présomption que hypericum accélère la dégradation des médicaments anti-rejets. Chez quelques personnes vivant sans problèmes depuis plus d'un an avec un organe transplanté sont apparues des réactions de rejet aigus après qu'elles aient commencé de leur propre initiative un traitement avec hypericum perforatum.

 

Chers membres, nous vous remercions d'avoir pris connaissance de la présente et, en attendant la prochaine occasion, nous vous adressons nos sincères salutations. Pour le GAIPH asbl, Nadine & Henri.